chiropraxie-allopathie

Chiropraxie vs. Allopathie…Quelles différences?

Lorsque un soucis de santé survient et qu’un praticien propose un traitement, on devrait se demander: « Vais-je ici soigner la cause de mon problème ou bien juste en masquer ses effets? »
D’une pratique de santé à l’autre, cette question n’obtiendra pas la même réponse. Voici pourquoi:

 

Symptomatologie vs. Équilibre du Corps : Quelle approche, pour qui?

Dans le paysage de la santé contemporaine, deux visions s’affrontent.. et parfois se complètent :
l’allopathie, pilier de la médecine moderne occidentale, et les médecines de terrain, comme la Chiropractie, l’Ostéopathie ou les pratiques héritières de traditions millénaires comme la Médecine Traditionnelle Chinoise. Si l’une excelle dans l’urgence et la précision biochimique, l’autre privilégie l’équilibre global et la prévention. Comprendre leurs différences, c’est avant tout comprendre deux manières radicalement opposées de percevoir le corps humain.

 

1. Ontologie: Qu’est-ce que la maladie ?

La différence fondamentale réside principalement dans la définition même de ce qu’est une pathologie ou un problème de santé:

L’Allopathie ou la maladie perçue comme une agression:

Pour la médecine allopathique, la maladie est souvent perçue comme un intrus (bactérie, virus) ou un dysfonctionnement localisé (tumeur, lésion). C’est une vision mécaniste du corps, comparable à une machine complexe dont une pièce serait défectueuse… L’objectif est de supprimer l’agent pathogène ou de réparer l’organe.
Deux observations à ce stade:

  • Il y a dans cette définition un biais réductionniste: On ne cherche pas à traiter la maladie en tenant compte de la globalité, on cherche plutôt à se cantonner à la seule pathologie et à ses effets.
  • La relation de cause à effet (causalité) n’est pas vraiment étudiée ici: on ne va pas systématiquement chercher à comprendre la dynamique physiologique / biomécanique responsable de la maladie…

Chiropractie et Médecines alternatives, la maladie comme rupture d’équilibre:

À l’inverse, en chiropractie, en acupuncture ou en naturopathie, on parle de « Terrain ». Le corps est un écosystème.
La maladie n’est pas l’ennemi, mais le signal d’un déséquilibre interne: en chiropractie on définit ainsi l’organisme comme moins animé par l’ Intelligence Innée lors d’une pathologie. En acupuncture, on considère que le Qi (énergie vitale) ne circule plus correctement. La pathologie est la conséquence d’une stagnation ou d’un vide énergétique.

 

 

2. Méthodologie, Le « Contre » face au « Pour »:

Le nom même d’allopathie vient du grec allos (autre) et pathos (souffrance). Elle utilise des moyens produisant des effets contraires à ceux de la maladie.

  • L’arsenal allopathique : On utilise des anti-biotiques, des anti-inflammatoires, des anti-hypertenseurs. On s’attaque directement au symptôme pour le faire taire. C’est une médecine de l’action directe et immédiate.
  • La stratégie du terrain : Ostéopathes, chiropracteur ou acupuncteurs eux ne cherchent pas à combattre le virus directement. Ils vont stimuler des points spécifiques sur les organes ou encore les méridiens pour renforcer les défenses naturelles (Intelligence Innée ou Qi). On ne travaille pas « contre » le mal, mais « pour » l’amélioration du « terrain, en cherchant à  rétablir sa capacité propre d’auto-guérison.

3. Analyse vs Synthèse, Le microscope ou le puzzle

Le réductionnisme allopathique:

L’allopathie est analytique. Elle segmente le corps en spécialités : cardiologie, pneumologie, gastro-entérologie. Cette hyperspécialisation permet une efficacité redoutable sur des pathologies précises, mais risque parfois de perdre de vue l’individu dans sa globalité. On traite « un estomac » plutôt qu’une personne qui a mal à l’estomac.

Le « Paradoxe » de Pasteur:

Etonnament, c’est sur son lit de mort et après avoir combattu les infections du corps humain à l’aide d’antibiotiques et de traitements allopathiques que celui-ci s’exclama dans un dernier souffle:
« Le terrain est tout, l’environnement n’est rien! »

Le holisme des médecines de terrain:

Chiropractie et autres médecines alternatives sont holistiques par essence. Un chiropracteur ne manipulera jamais son patient sans avoir évaluer son organisme dans sa globalité, interrogé le patient sur ses émotions, son sommeil ou sa digestion… Pour un chiropracteur, une migraine peut par exemple trouver sa source dans un non-alignement des cervicales ou dans un stress au travail.
Tout est lié : le physique, le psychique et l’environnemental (stress bio-chimique, aliments, etc). Pour les médecines alternatives il s’agit donc de reconstituer un puzzle, d’investiguer les relations de causes à effets.

 

4. Allopathie vs Médecines de terrain : Urgence vs Travail de fond

Bien que l’on puisse facilement croire à une compétition entre ces deux courants thérapeutiques, la complémentarité entre ces 2 approches est en réalité évidente:

Aspect Allopathie Médecine de Terrain (Chiropractie etc..)
Vitesse d’action Très rapide (minutes/heures) Progressive (jours/semaines)
Objectif Guérison du symptôme aigu Prévention et équilibre durable
Effets secondaires Fréquents (chimiques) Quasi nuls (si bien pratiquée)
Domaine de prédilection Traumatologie, Chirurgie, Infections Chronique, Stress, Douleur, Sommeil parmis tant d’autres

L’allopathie est la reine de la symptomatologie aigue. En cas d’infarctus ou de fracture ouverte, seule la médecine conventionnelle peut sauver la vie.
La médecine de terrain est la reine du problème chronique et du préventif. Elle intervient souvent là où l’allopathie échoue: les troubles fonctionnels où « les examens ne montrent rien » mais où le patient souffre néanmoins…

5. La place du patient : Acteur ou Sujet ?

En allopathie, le patient est souvent le récepteur passif d’un traitement (médicament, opération). La responsabilité du succès repose largement sur la molécule ou la main du chirurgien.

Dans les médecines de terrain, le patient est encouragé à être acteur de sa santé. a chiropractie réclame par exemple une hygiène de vie cohérente au patient. Le chiropracteur donne des clés (diététique, exercices physiques ou de respiration) pour que le terrain reste « sein ». L’ajustement vertébral n’est qu’un « starter » : c’est le corps du patient qui fait le travail de rééquilibrage.

Conclusion : Vers une Médecine Intégrative

Opposer ces deux mondes est une erreur. La médecine du futur sera intégrative. Elle utilisera la puissance technologique de l’allopathie pour réparer l’urgence, et la sagesse des médecines de terrain pour entretenir la vie. La première sait comment on meurt, la seconde sait comment on vit!

La chiropractie ne remplacera jamais l’insulinothérapie pour un diabétique de type 1, mais elle peut grandement améliorer la qualité de vie ou l’activité physiologique de ce patient. La différence n’est donc pas une barrière, mais une complémentarité.